Le désir

Le christianisme a choisit de placer la fête de Noël au moment du solstice d’hiver lorsque les jours rallongent (les païens fêtaient alors la lumière qui revenait). Pour les chrétiens en effet, le Christ est venu apporter la lumière au monde en lui enseignant que Dieu est Amour. Cette notion de divin et d’amour se retrouve aussi dans le yoga. Pour ceux qui pressentent que l’essentiel est invisible pour les yeux, l’aspiration spirituelle diffère des émotions « ordinaires » car elle est l’aspiration de l’âme vers le divin. Au fur et à mesure de sa pratique, le yogi devient moins affecté par les fluctuations des ses émotions «ordinaires» du domaine des désirs ou au contraire des aversions. Les textes indiens expliquent que chacun des désirs est provoqué par un vide dans le cœur qui réclame d’être comblé et qui cherche une action extérieure pour le satisfaire, alors que notre vraie nature est l’amour ou la fusion avec le divin, qui seul assure la plénitude. Or du désir naissent les attachements qui d’une part empêchent l’accès à des satisfactions plus profondes et plus élevées et d’autre part sont parfois cause de souffrance. En cette période où chacun désire des cadeaux matériels ou relationnels, il est bon de garder en tête cette « philosophie » que l’on retrouve dans le christianisme et le yoga …tout en profitant pleinement des cadeaux de nos proches ou des cadeaux de la Vie !

Ralentir

 

Pendant les vacances nous avons probablement changé de rythme, pris le temps de découvrir d’autres lieux, pris le temps de manger tranquillement, de faire la sieste peut être…Maintenant, c’est la rentrée et nous retombons dans nos vieilles habitudes, nous recommençons à courir à droite  et à gauche pour assurer partout.

 L’ »accélération » du temps, qui a commencé avec la révolution industrielle à la fin du XVIII siècle, ne fait qu’empirer. Les nouvelles technologies (internet, téléphone mobile) censées nous faciliter la tâche, nous forcent, en nous rendant disponible en tout temps et en tout lieu, à nous inscrire dans l’immédiateté et à devenir multitâches. La vitesse et l’hyper sollicitation génèrent  beaucoup de frustrations : nous vivons en constant décalage entre ce que nous aimerions faire et ce que nous pouvons réellement accomplir. Nous analysons ce décalage en pensant que nous manquons de temps, au lieu de tenter de réduire le nombre de tâches à accomplir en nous concentrant sur l’essentiel.

Il y a mille et une manières de ralentir, chacun doit trouver ce qui lui convient. Ne faut-il pas définir des priorités ? Quelles sont les choses véritablement importantes ?  Quelles sont celles qui peuvent attendre? Quelles sont celles que l’on pourrait même arrêter ? Tout ce qui nous aide à nous recentrer et à retrouver, ne serait ce qu’un instant, le silence et le calme est aussi à explorer. Comment trouver  notre temps de pause, une fois par jour ou même une fois pas semaine, où l’on se consacre à un retour vers soi sous forme de quelques minutes de lecture « philosophique », de tricot, de jardinage, de méditation ou bien sûr, de hatha yoga ?…

« Je n’ai rien fait aujourd’hui
Quoi n’avez-vous pas vécu ?
C’est non seulement la fondamentale, mais la plus illustre de vos occupations … »

MONTAIGNE, Les Essais

Les émotions

Il faut gérer ses émotions ! Cette expression est souvent utilisée dans l’idée de : il ne faut pas montrer ses émotions, il ne faut pas se mettre en colère… Or les émotions sont importantes et nécessaires à la vie ; elles nous permettent d’agir ou  de nous défendre. Elles nous informent sur notre état de santé intérieur. Mes réactions émotives m’informent  dans quelle mesure mes besoins sont satisfaits ou insatisfaits. Ainsi la colère m’indique que je me sens impuissante devant un obstacle, une injustice, une invasion de mon territoire ; la tristesse se manifeste quand je souffre d’une perte ou d’un manque ; la peur quand je me sens en danger et la joie quand mes besoins sont satisfaits

Les gérer c’est en fait en prendre conscience, les accepter et les com- prendre. Ce n’est pas les étouffer, au contraire. Ce n’est pas si  simple que cela parait et c’est là qu’intervient mon tapis de yoga ! Tout le monde a fait l’expérience d’essayer de se calmer lors d’un état d’énervement ou de colère extrêmes ; on essaie de respirer calmement et c’est impossible, pire parfois cela aggrave les choses.

C’est sur mon tapis de yoga que j’apprends à me découvrir et à me com-prendre ; je prends d’abord conscience de mes muscles et de mes articulations, de ma respiration, de mes limites puis de mes émotions. J’y apprends à me concentrer, à m’arrêter pour aller jusqu’au bout de la prise de conscience, du ressenti. Accepter mes limites dans telle ou telle posture va m’aider à accepter mon impuissance dans la colère ; prendre conscience des tensions va mettre en évidence mes peurs ; essayer des postures qui me font peur me redonne confiance en moi ; sentir une grosse tristesse qui « remonte » pendant une méditation, m’interroge sur  sa cause. C’est sur mon tapis que j’apprends à accepter mes émotions, à les analyser, à m’en dissocier en les regardant comme un spectateur.

C’est sur mon tapis que je peux apprendre à développer, à expérimenter un sentiment de paix, de plénitude et de joie. Au moment de la relaxation, je peux entrer dans mon endroit de relaxation, mon lieu refuge. Les yeux fermés je laisse venir  et je visualise un lieu réel ou imaginaire, à l’extérieur ou à l’intérieur ; j’observe bien les couleurs, les lumières, les reliefs, je perçois les bruits, la musique ; je peux même sentir les odeurs, ressentir  la chaleur ou la fraîcheur. Installez vous bien dans ce lieu. Que ressentez vous ? Comment cela se traduit dans votre corps ? Concentrez-vous sur les détails qui vous apportent ces sensations de sécurité et de joie. Appréciez tout ce que vous sentez : la détente, le calme, la paix… Goutez toutes ces sensations, imprégniez vous en ! Puis inspirez profondément, retenez quelques secondes l’air puis expirez très lentement. Sur l’inspiration suivante, ouvrez les yeux.

Votre endroit de relaxation, de calme de paix vous pourrez le retrouver chaque fois que vous en aurez besoin. Plus vous ferez appel à lui, plus il viendra rapidement. En pratiquant, vous développerez vos facultés à vous sentir mieux en toutes circonstances, reliées à votre moi profond et confiant en vos ressources pour profiter pleinement de la vie.

L’expérience n’est pas ce qui arrive à quelqu’un mais ce que quelqu’un fait avec ce qui lui arrive

Aldous Huxley- Le Meilleur des Mondes

Namaste

Namaste !

Namaste est une forme de salutation largement utilisée en Inde. Cette salutation  est effectuée en joignant les deux mains près du cœur, la tête légèrement inclinée vers l’avant pendant que l’on prononce  « Namasté ». Elle est considérée comme une humble salutation provenant directement du cœur et accordée réciproquement par l’interlocuteur.

Cette salutation  signifie : « Le divin en moi honore le divin en vous ». Ce geste n’est pas considéré comme un geste religieux. Nous sommes tous porteur de lumière, de soleil et du divin. Ainsi, lorsqu’on salue quelqu’un en disant « Namasté », on salue la lumière, le soleil ou le divin que l’autre porte en soi. On peut aussi traduire namasté par « Ma lumière salue ta lumière ». L’expression est utilisée lorsque l’on se réunit ou que l’on se quitte.

Quelle leçon pour nous occidentaux ! Nous on se touche : on se tend la main ou on s’embrasse. Que signifient ces gestes de salut que bien souvent nous  faisons sans réfléchir: « je suis prêt à t’aider, j’ai de l’affection pour toi.. « ? Je n’ai pas trouvé encore l’explication de cette coutume chez nous. Nous pourrions nous aussi, même avec notre geste, voir la lumière en l’autre, ce qui va plus loin qu’un simple regard de contact. Je suis sûre que l’échange sera différent !